Expositions 2020

du 7 février au 4 avril 2020

 

La circulation du regard fonctionne par associations d'idées, l'un ou l'autre tableau discute avec son voisin puis avec l'ensemble. Maintenant, le sentiment de disparité entre les sujets représentés est remplacé par la sensation de la peinture. Si le format est un indice, la réelle homogénéisation se fait par la main du peintre. Cette main, nous la retrouvons directement citée dans deux tableaux en gros plan sur le geste d'archéologues au travail, pinceau tenu, dépoussiérant un sol antique des particules qui le recouvrent, comme une mise en abîme de la main peignant la toile.

du 13 décembre 2019 au 13 janvier 2020

 

" Longtemps, j'ai regardé les constructions de plage comme un parangon de la peinture. Sur la surface lisse libérée par la marée un premier geste n'est jamais long à laisser son empreinte. En même temps que le champ y est libre, la matière y est inépuisable et offre toutes les variations, du pulvérulent au liquide. Sur cette surface s'inscrivent les signes, les traces, les figures. La pelle, le seau, la main qui racle, tasse et trace, le bâton y sont les outils du peintre. Le sable et l'eau sont sa couleur. Le paysage est son sujet. Il lui permet d'inscrire ses figures dans l'espace plus vaste où il s'agite. Lorsque les vagues s'engouffrent dans le sillon creusé par la main, la fiction du peintre entre dans le réel, elle en prend la texture et la dimension. Le gargouillement qui monte des gorges de sable signale l'intrication du corps et du monde. C'est l'empreinte d'un corps pris dans le paysage, prise au paysage, comme moule et contre-moule. " (Matthieu Montchamp, extrait des Notes sur les Châteaux de sable, 2019)