Giulia Andreani

Née en 1985, à Venise en Italie.
Pensionnaire de la Villa Medici, Académie de France à Roma (2017-2018).
Vit et travaille à Paris.

Après une formation à l’École des Beaux-arts de Venise, Giulia Andreani s’installe à Paris où elle poursuit ses études Histoire de l’Art contemporain à l’Université Paris IV-Sorbonne en travaillant sur les artistes de la Leipziger Schule.
Artiste-chercheuse, depuis 2010 elle tient un « atlas », sorte de journal monochrome constitué d’une somme d’images et documents : archives historiques, still frames, photos de famille, constituent la matrice d’une œuvre en perpétuelle ramification. A la manière d’un arbre généalogique dont certaines branches meurent et d’autres perdurent, certaines images acquièrent une importance grandissante : elles sont triées, recomposées et reproduites sur toile par le filtre subjectif d’une peinture aquarellée dans un champ chromatique restreint, entre gris et bleue, le Gris de Payne.
Giulia Andreani confronte ainsi l’Histoire à sa dépendance vis à vis de l’image, pointant les lacunes de la mémoire collective.

 

Critique

Inspirée par le cinéma italien, les séries Z, l’histoire de la peinture, l’imagerie politique et les archives familiales, Giulia Andreani alimente « le journal d’une iconophage » qui touche à un imaginaire collectif. Pour cela, elle dépoussière les fonds d’archives oubliés, part à la rencontre d’individus aux destins atypiques, fouille les ouvrages d’histoire de l’art et les albums de familles. Les documents photographiques sont ensuite révélés à l’acrylique sur la toile et à l’aquarelle sur le papier. Chromatiquement, l’artiste impose une unité plastique avec l’utilisation du gris de Payne. Un gris teinté de bleus, un bleu chargé de gris qui traduit un silence et une densité propres aux souvenirs. La couleur participe à un double effet situé entre la persistance et la résurgence. La notion de frontière joue un rôle essentiel, tant sur le plan technique que pictural. L’artiste n’exploite pas la totalité des surfaces, les réserves sont des espaces de respiration comme de trouble. La dimension fantomatique est accentuée par la fluidification des corps et des visages traversés de coulures. Un jeu s’installe entre la surface et la profondeur, entre l’apparition et la disparition, entre la réalité et la fiction, entre le passé et le présent, entre la vie et la mort.

Julie Crenn
Extrais d’Artpress n°409, 2014

 

 

Dossier complet de l’artiste

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