Julia Scalbert

La peinture de Julia scalbert s’élabore par succession de couches fnes et transparentes desquelles naissent des espaces, des “objets” peints, qui se dérobent a toute identifcation aussi bien lorsque l’on pense a ce qu’ils pourraient représenter qu’aux matériaux dont ils pourraient être faits.

Il s’agit d’inventer, de trouver des formes nouvelles sans se soucier de ce qu’elles sont, de leur fonction : la seule qui leur est donnée est d’etre le sujet de la peinture, n’existant que par leur image.

Son travail a récemment été exposé a la Galerie du 5ème a Marseille (exposition « Les unes avec les autres », Marseille Expos / Galerie Béa- Ba / Galeries Lafayette), a Séoul (art space Boan), au Centre d’art contemporain de Meymac, a la Galerie du haut Pavé, a la Fondation Zervos. En 2015, elle est lauréate du Prix de peinture Novembre a vitry.

 

 

Critique

{…} Loin de l’artiste, l’idée d’utiliser la peinture a l’huile, trop lente a sécher et fastidieuse. L’acrylique convient mieux a ce genre de paradoxe : comment faire en sorte que de chaque tableau naisse une profondeur qui est plus l’effet d’un effacement progressif que d’une accumulation de matière ? Est-ce envisageable ? Bien que, dans certains tableaux, les formes dépassent en hors-champ, l’on peut considérer que ce désir d’évasion n’est rien d’autre qu’une volonté d’interroger les plans successifs du temps qui s’étage et s’égrène. Tandis que l’on regarde par la fenetre, les arbres sont coupés en haut et en bas et les yeux bougent en permanence sous les paupières. Ces expériences phénoménologiques ordinaires et répétées, produisent sans doute des disjonctions, des arrets sur image qui nous interrogent en tant que sujets. Pour un aveugle, serait-ce de même ? L’oeuvre de Julia Scalbert est tactile. {…}

Céline Leturcq
(extrait de « Tout a lieu dans le tableau », in Lauréats du Prix de Vitry, Catalogue saison 2016)

Julia Scalbert propose une peinture de l’invisible, sobre, minutieuse et pourtant tendue et sensuelle. Elle l’élabore lentement, couche après couche en troublant les rapports du fond et de la forme. Celui-ci dans ses tableaux en occupe plutôt la surface qui est normalement l’espace de la forme, faisant écran par la superposition de couches fluides,  quasiment monochromes, dont l’empilement éteint leur lumière.
Les formes, souvent tubulaires semblant résulter de son fractionnement sous la poussée d’une couleur sourde, plus vive, comme volcanique, qui aurait dû en occuper la surface. Elles paraissent lourdes alors qu’elles sont sans épaisseur, fortes alors qu’elles sont sans matière, stables alors qu’elles sont labiles, énigmatiques parce que totalement silencieuses, insaisissables parce que non identifiables et pourtant familières.

Jean-Paul Blanchet- 2017

 

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