Denis Laget

Né en 1958 à Valence, vit et travaille à Paris et Tressan.
Lauréat de la Villa Médicis (1989-90).

La peinture de Denis Laget résiste à la classification tant elle est par essence impure. Faite de concrétions, de taches, d’écorchures, de débordements, de salissures, elle fonctionne par séries qui s’arriment à des genres qu’elles affleurent sans jamais tendre à une quelconque reproduction. Les cranes, les fleurs, les animaux, les paysages urbains sont autant de motifs qui émergent de la matière picturale. Du chaos organisé de la surface – où « la palette devient tableau » – résonne alors l’histoire de l’art, comme une fouille perpétuelle de la peinture afin d’en atteindre l’os.

Le travail de Denis Laget a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles en France et à l’étranger (Paris, Toulon, Saint-Etienne, Les Sables d’Olonne, Gand, Budapest, Lausanne, Stockolm, Athènes, Zwolle…).

 

Textes (extraits)

« Portraits, vanités, natures mortes, paysages… Denis Laget maintient sa peinture dans les sujets classiques d’une histoire de l’art pourtant réputée achevée. Le memento mori, genre auquel cet œuvre est souvent associé, serait alors à entendre moins comme une promesse de mort que comme le rappel du caractère irréductiblement vivace de l’histoire de l’art elle-même et de sa propension aux métamorphoses et aux renversements. La peinture de Laget s’apparente à un art d’accommoder les restes : se détournant de la narration, de la démonstration, de la sentimentalité, de l’imagerie, de la virtuosité, du biographique, etc., elle ne renonce pourtant pas à la figuration, au sens, au raffinement, à l’histoire, au sensible. »

Extrait de Karim Ghaddab, in D’après modèle, Denis Laget & pratiques contemporaines, Paris, Lienart, 2010.

« On peut se demander, à regarder le travail de Laget dans sa durée, si l’artiste n’a pas d’autre but que (cela) : découvrir par la peinture ce qu’il a en tête qu’il ne sait pas. Peut-être est-ce là, en fait, le vrai pouvoir, non du peintre, qui sait depuis longtemps qu’il n’est pas le maître dans sa propre maison, mais de la peinture qui lui permet d’accéder, par ces images soudains surgies sans qu’il sache d’où, aux hôtes inconnus qui exercent leur empire sur son esprit. Ainsi, regardant sa toile-palette comme s’il s’abîmait dans un test de Rorschach inconnu, le peintre voit-il des images potentielles : hier des têtes de chien, aujourd’hui de possibles bouquets, images où le souvenir de peintures anciennes vient se mêler au désir de tableaux à venir. »

Extrait de Pierre Wat in Denis Laget, Paris, ed. Galerie Claude Bernard, 2014.

 

Dossier complet de l’artiste