Jean Olivier Hucleux

Peintre de renommée internationale, souvent présenté comme l’artiste français du mouvement hyperréaliste, car comme on peint d’après nature, il peint d’après photos. En 1971, il entreprend une première série intitulée les Cimetières qui le mènera, dans une démarche strictement conceptuelle, à la Documenta V, en 1972, à Cassel, où il montre pour la première fois ses peintures. Jusqu’en 1974, il continue cette série qu’il expose au Danemark, en Allemagne et en Finlande à Helsinki. Il entre dans les collections de Peter Ludwig (Allemagne), de Sarah Hilden (Finlande), de Mr Lewis (États-Unis), de Jean Pigozzi et du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (France). Dès lors il se consacre aux portraits : Jean-Pierre Raynaud, Autoportrait, Etienne Martin, Jean Le Gac. En 1975, « European Painting in the 70’s » au Los Angeles County Museum (USA) en compagnie de Francis Bacon et de Jean Dubuffet. En 1979, Pontus Hulten organise une rétrospective de ses œuvres au Centre Georges Pompidou, dans le cadre de l’exposition Copie conforme. Il s’en suit un certain nombre de commandes publiques parmi lesquelles le portrait peint des Présidents Georges Pompidou et François Mitterrand, ainsi que la commande d’un bronze en hommage à Louis Aragon.
En 1985-1986, il oriente ses recherches vers le dessin à la mine de plomb : il réalise tout d’abord son autoportrait et prépare pour la FIAC de 1987, à la galerie Beaubourg, une série de onze portraits dessinés. Il poursuit la série des portraits dessins en vue d’expositions programmées en 1991. Il réalise parallèlement des dessins dits de « déprogrammation » présentés à la Galerie Montaigne (Paris),au Musée d’art contemporain de Lyon Biennale de Lyon et à la FIAC (Foire internationale d’art contemporain) de 1991. Une sculpture réalisée durant cette période est, elle aussi, présentée Galerie Montaigne et à la Biennale de Lyon. En 1992, il participe à l’exposition Manifeste au Centre Georges Pompidou, où il présente le portrait de Piet Mondrian, depuis lors entré dans les collections du musée. Parmi les très nombreuses expositions remarquables, on peut noter en outre, qu’il participe en mai 2009 à  « Dans l’œil du critique . Bernard Lamarche Vadel et les Artistes  » au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris / ARC ou il présente la peinture des « Jumelles » et des portraits dessins  » d’Erik Dietman »,  » de Joseph Beuys » et  » de Bernard Lamarche Vadel ».

 

Critique

Il se pourrait bien que dans le continuum de l’art, depuis la Renaissance l’alchimie n’ait jamais vraiment disparu. Une œuvre de Hucleux, objet inclassable, restera comme une des plus belles tentatives d’union, de réconciliation, du scepticisme et de la fragilité orientale. Il n’y a aucune évidence à voir la réalité au plus près. Il n’a pas, non plus, de bonheur à construire contre. La seule vérité réside dans la dissolution de l’image par elle-même, dans les assauts répétés d’un homo faber saisi par le doute. Mais l’homme a montrer trop de passion pour l’impossible pour brider son savoir faire dans une représentation laborieuse du réel. Ce qui est radicalement neuf dans l’œuvre de Hucleux, c’est l’art du dépassement des contradictions, cette volonté farouche et continue de perturber et dérégler la logique. La liberté de cet Art est dans sa subversion même, dans la caricature et l’admiration du copiste. Double borgésien de Pierre Ménard, Hucleux, en aventurier, à inventé un lieu extravagant, introuvable sur la carte de la création.

François Cheval,

 

extrait de « Trait pour Trait ou l’exercice quotidien de l’ascèse »,
catalogue Jean Olivier Hucleux, à la pointe du crayon, p. 21.

 

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