Marie-Claude Bugeaud

Marie-Claude Bugeaud est une figure importante de la peinture abstraite en France. Son long parcours se caractérise par une constante recherche de la peinture pure. Avec une palette très personnelle faite de tons acides et toujours vifs, l’artiste nous convoque au combat quintessentiel du fond et de la forme. Ses toiles imposantes s’inscrivent magistralement dans l’espace qui les accueille de sorte que les tensions chromatiques vivantes dans la peinture se déploient bien au delà des limites du tableau. L’exposition très remarquée de Marie-Claude Bugeaud à l’Hôtel des arts de Toulon en 2009 est venue consacrer ce travail d’exception.

Critique

Il y a cette tentation de la beauté, et la nécessité de la détruire. Il y a ce risque de céder à l’habileté, et puis le travail comme une manière de la renverser. Cela commence par un monochrome – blanc, la plupart du temps – certes pas totalement uni, plus badigeonné que « bien » peint, mais suffisamment là, suffisamment présent pour que cette présence même, si forte par son évidente simplicité, s’impose. Contre le peintre, malgré elle. Ainsi commence le travail de Marie-Claude Bugeaud : par cette tentation d’en rester là. Ainsi se construit sa pratique : par sa capacité à briser, par d’autres signes, le charme du blanc {…}. Marie Claude Bugeaud coupe dans la couleur, instaure l’espace par un simple trait qui fait d’un blanc, ou d’un bleu, ou de quelque autre couleur non plus un aplat mais un espace soudain poreux. Son art est celui du peintre qui s’empare de tous ce que le tableau – et disant le mot tableau je pense ici à la chose autant qu’à son histoire, qu’à sa mémoire qui gît dans chacun de ses composants matériels – lui offre. Pour elle peindre est un combat, mais un combat d’autant plus fort qu’il se doit d’être discret. L’artiste n’aime pas l’ostentation ; dans aucun domaine. Et cette « justesse » dont je parlais, ce mot si difficile à définir, mais qui pourtant convient tellement à son art, c’est bien cela : faire naître le tableau d’un combat, faire naître le tableau d’un renoncement à la beauté qui doit, dans l’acte même de peindre, se dissimuler peu à peu dans la forme qui vient {…}.

Pierre Wat,
Extrait de « Marie-Claude Bugeaud » (catalogue d’exposition), Toulon, Hôtel des Arts, 2009


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