Nicolas Pincemin

Né en 1976, à Besançon. Vit et travaille à Marseille.

Diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, Nicolas Pincemin s’installe à Marseille en 2000. Depuis 2006, il participe à plusieurs expositions collectives dont Varium et mutabile semper, Galerie de la Friche la Belle de Mai à Marseille ou Mauvaises Résolutions en 2009; son travail a également été présenté pendant la foire d’art contemporain Art-o-rama (Marseille) en 2011. Le Centre d’art contemporain d’Istres accueille Nous n’irons plus au bois et révèle une exposition personnelle aboutie. Sextant et Plus édite pour cet événement un catalogue monographique remarqué. L’exposition collective commissariée par Dominique Angel au Musée Départemental de Gap fera l’objet de l’acquisition de plusieurs œuvres par le musée. Les expositions collectives C’était pas gai mais pas non plus triste, c’était beau à l’Espace Van Gogh de Arles et Calme à la Galerie du 5° à Marseille marquent l’année 2012. L’année suivante, l’Affût, exposition personnelle à la Maison du Livre du Son et de l’Image de Villeurbanne développe une fresque monumentale in situ. Nicolas Pincemin est convié les années suivantes à plusieurs expositions collectives telles qu’à la galerie Léonardo Agosti à Sète avec Unplugged.

2015 et 2016 sont rythmées par la réalisation d’une série de peintures sérigraphiées avec l’Atelier Tchikebe à Marseille et par l’approche de la tapisserie, médium qu’il développe encore actuellement.

Son exposition La Tentation de l’Artifice dévoile de nouvelles recherches et orientations et marque ainsi sa collaboration avec la galerie Béa-Ba, Marseille.

Critique

« Les compositions trahissent, déjouent les lois de la nature et dévoilent ce qui relève de l’impression. Contours en déséquilibre, enveloppes infidèles, perspectives tronquées et points de vue chimériques… la lumière se pixellise et la matière s’huile et se tâche, les espaces se morcèlent et le regard se trompe. Ce qui se trame sous la facture nous fait face : une «image en voie de visibilité»(1).
Nicolas Pincemin décline ainsi un vocabulaire d’accrocs dans l’image rendant compte d’atmosphères visuelles : zones focus, copiés-collés ou coulées défendues, calques négatifs et impressions jet d’encre, maquillages virtuels, collages mentaux et repentirs… Autant d’échappées tenaces, d’«efficacités sombres» qui viennent «creuser le visible et meurtrir le lisible» (2).
Par le truchement des opérations plastiques, la diégèse se déplace, les sites capturés forment ici les pans d’un décor fabulé. En creux, l’élément fictionnel accroche le regard frustré : soucoupes, ellipses, miradors, pylônes, halos ou avions de chasse… autant de mirages après la bataille, autant d’objets à l’être-là non-identifié. Autant de visions tour à tour psychédéliques ou apocalyptiques, relatant d’expériences vécues, de pays parcourus, d’instants de fuite où l’incertain engage le fantastique. »

(1 et 2 : Georges Didi-Huberman, Devant l’image.)

Leïla Quillacq,
Extrait de « Paysages déteints », in Nicolas Pincemin, Monographie, éditions Sextant et plus, 2011.

 

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