Nicolas Pincemin

Né en 1976, à Besançon. Vit et travaille à Marseille

Critique

« Les compositions trahissent, déjouent les lois de la nature et dévoilent ce qui relève de l’impression. Contours en déséquilibre, enveloppes infidèles, perspectives tronquées et points de vue chimériques… la lumière se pixellise et la matière s’huile et se tâche, les espaces se morcèlent et le regard se trompe. Ce qui se trame sous la facture nous fait face : une «image en voie de visibilité»(1).
Nicolas Pincemin décline ainsi un vocabulaire d’accrocs dans l’image rendant compte d’atmosphères visuelles : zones focus, copiés-collés ou coulées défendues, calques négatifs et impressions jet d’encre, maquillages virtuels, collages mentaux et repentirs… Autant d’échappées tenaces, d’«efficacités sombres» qui viennent «creuser le visible et meurtrir le lisible» (2).
Par le truchement des opérations plastiques, la diégèse se déplace, les sites capturés forment ici les pans d’un décor fabulé. En creux, l’élément fictionnel accroche le regard frustré : soucoupes, ellipses, miradors, pylônes, halos ou avions de chasse… autant de mirages après la bataille, autant d’objets à l’être-là non-identifié. Autant de visions tour à tour psychédéliques ou apocalyptiques, relatant d’expériences vécues, de pays parcourus, d’instants de fuite où l’incertain engage le fantastique. »

(1 et 2 : Georges Didi-Huberman, Devant l’image.)

Leïla Quillacq,
Extrait de « Paysages déteints », in Nicolas Pincemin, Monographie, éditions Sextant et plus, 2011.

 

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