Claire Colin-Collin

Claire Colin-Collin conçoit son tableau comme un objet fuyant. Le métier de peindre s’articule alors autour de trois actions fondamentales : faire, défaire, refaire. Les couleurs sur le support dialoguent dans une tension ininterrompue, de toiles en toiles, entre apparitions et disparitions, afin de jouer l’éternel retour de la peinture. L’oeuvre se montre dans un mouvement de dépouillement et témoigne d’une durée, d’un geste, d’un passage de la ligne, d’une accumulation de matière. Elle exprime un travail, la vie même de la peinture , simplement.

 

 

Critique

Les peintures sur toile de Claire Colin-Collin possèdent une remarquable densité. Elles agissent comme une ponctuation de l’espace, entre surfaces et objets, lieux de sédimentation de la couleur. La peinture procède par recouvrements, traces, résurgences. Dans ce mouvement, l’apparition d’une forme, d’un « peu de forme », est indissociable de sa possible disparition ou dissolution. La peinture de Claire Colin-Colin est un acte de révélation au sens d’un « désenfouissement ». À la Vigie, l’artiste a gratté les murs d’une pièce mettant au jour les strates de couleurs et d’enduits agrégées sous le blanc du crépi. Réalisation in situ qui est en même temps une parfaite métaphore des œuvres : faire venir à la surface la couleur et la forme à la manière d’une survivance, mémoire du lieu qui vient affleurer pour devenir traces de vie – de même, pourrait-on dire, de la peinture de Claire Colin-Collin »

Romain Mathieu
ArtPress, web. Décembre 2014.

 

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